HISTOIRE DE L'ÉCOLE

L’École Maïmonide a été fondée en 1969 par l’Association sépharade francophone (ASF) afin de répondre, à Montréal, au besoin de la transmission de la culture et des traditions sépharades, et du maintien de la culture francophone chez les membres de notre communauté. À cette époque, les choix pour l’éducation de nos enfants étaient l’école privée juive anglophone et ashkénaze, l’école publique protestante anglophone (qui pouvait accueillir les Juifs) ou bien l’école publique francophone catholique (où les cours de catéchisme étaient obligatoires).

 

Plusieurs synagogues répondaient déjà aux besoins culturels sépharades dans différents quartiers de Montréal. Conscients de la lacune au plan éducatif, les dirigeants de l’ASF, dont le président était alors Élias Malka, présentent une résolution demandant le soutien moral des membres de l’assemblée triennale du Congrès Juif Canadien, en mai 1968, pour l’établissement d’une école juive francophone. La résolution est approuvée à l’unanimité.

Le Dr. Jean-Claude Lasry, alors président de la Commission de l’éducation de l’ASF, est chargé de l’application de cette résolution. Son premier acte est de donner nom à cette école, celui du rabbin, philosophe et médecin, dont les réflexions continuent encore aujourd’hui d’influencer le judaïsme : Moshé Ben Maïmon (Maïmonide).

 

La rencontre à Québec, avec Yves Martin, sous-ministre de l’éducation de l’époque, l’amène à conclure une première entente. L’École Maïmonide fera partie de la Commission des Écoles Catholiques de Montréal (CECM), avec un statut particulier.

 

Une première classe de grade 1, de 14 élèves, est ouverte en septembre 1969, dans une aile de l’École St-Antonin, à l'angle des rues Queen Mary et Coolbrook. La lune de miel de la coexistence ne durera pas longtemps. Le directeur Judah Castiel, s’inquiète des tracasseries et des difficultés qu’il rencontre au cours de la seconde année, alors qu’une deuxième classe s’est ajoutée, portant le total à 40.

 

Retour à Québec avec le sentiment que cette première entente nous a permis de démontrer notre bonne foi. Le Dr. Lasry souligne la nécessité d’autonomie pour notre école, compte tenu de l’expérience qui vient d’être vécue. Le sous-ministre se montre très compréhensif, et recommande le tout nouveau statut d'école reconnue d’intérêt public, ce qui répond plus à nos besoins.

 

La prochaine étape est alors de négocier une séparation en bons termes avec la CECM, gageure réussie grâce à Élias Malka. Nous obtenons en location une école de huit classes sur le chemin de la Côte St-Luc. Le ministre de l’éducation François Cloutier, reconnaît en 1972 l’École Maïmonide comme étant d’intérêt public.

 

Le premier niveau du secondaire débute en 1975. L’année suivante, les deux classes de secondaire et le laboratoire de sciences sont installés au deuxième étage du campus Parkhaven, avec Mme Hilda Ifrah comme directrice. En 1978, toute l’école emménage au campus Parkhaven, en conservant l’école de la Côte-St-Luc. On fait venir le Rabbin Dr. Moïse Ohana, de la City University of New York, pour être directeur des études juives de l’École Maïmonide. Sydney Benudiz assumera les fonctions de directeur du secondaire à Parkhaven en 1981.

 

La forte demande de la population sépharade ayant immigré à Ville St-Laurent nous amène, en 1985, à louer une école de la CECM, sur le boulevard Gouin, dont M. Abraham Castiel sera directeur. L’École décide alors de construire et d’inaugurer, en 1990, le campus Jacob Safra, à Ville St-Laurent, dont Mme Lucienne Azoulay devient directrice. Un second étage sera ajouté à l’édifice en 1994. Décoré en 1995 de zelliges, ornements, marocains de céramique multicolore, offerts par le roi Hassan II, en hommage à la mémoire de son père, Mohammed V, et à la contribution des Juifs du Maroc au Canada.

 

Cet historique est un premier résumé du début de l’École Maïmonide.

 

Liste des présidents : 1969-2017

Jean-Claude Lasry (1969–1972) ; Elias Malka (1972-1976) ; Jean-Claude Lasry (1976-1980) ; Claude Chriqui (1980-1982) ; Jules Elalouf (1982) ; Claude Chriqui (1983-1984) ; Jacques Picard (1984-1986) ; Armand Elbaz (1986-1988) ; Elie Abitbol (1989-1993) ; Lison Benarroch (1993-1996) ; Alain Azuelos (1996-1998) ; Ralph Benatar (1998-2001) ; Michel Chokron (2001-2005) ; Samy Suissa (2005-2006) ; Geneviève Busbib (2006-2010) ; Vanessa Fhima (2010-2012) ; Salomon Oziel (2012-2017); Esther Krauze (2017-présent).